Vampyria, livre 1 : La Cour des Ténèbres.

En l'an de grâce 1715, le Roy-Soleil s'est transmuté en vampyre pour devenir le Roy des Ténèbres. Depuis, il règne en despote absolu sur la Vampyria : une vaste coalition à jamais figée dans un âge sombre, rassemblant la France et ses royaumes vassaux. Un joug de fer est imposé au peuple, maintenu dans la terreur et littéralement saigné pour nourrir l'aristocratie vampyrique.

Trois siècles plus tard, Jeanne est arrachée à sa famille de roturiers et catapultée à l'école formant les jeunes nobles avant leur entrée à la Cour. Entre les intrigues des morts-vivants du palais, les trahisons des autres élèves et les abominations grouillant sous les ors de Versailles, combien de temps Jeanne survivra-t-elle ?

Je rappelle, avant toute chose, que cette chronique n'engage que moi et ma perception de cet ouvrage. J'étais ravie d'avoir ce magnifique livre entre les mains.

L'histoire a une base absolument fantastique. Louis XIV premier Vampyre, sachant qui est le Roi Soleil et son impact sur le monde, avec l'un des règnes les plus longs (72 ans ! ). Sur le papier cette uchronie augurait du bon. Originalité, revisite d'un thème extrêmement populaire. L'univers et le contexte de l'histoire sont particulièrement chiadés, bien décrits et travaillés, jusque dans les détails quand il s'agit d'autres royaumes, de l'habillement, des relations sociales etc. Tout est très vivant, crédible, intéressant. Les personnages secondaires sont riches et en profondeur.

Victor Dixen est réputé pour son talent d'écriture et franchement, oui, c'est très bien écrit.

Le personnage principal Jeanne est profondément antipathique. Une pure sociopathe (trouble de la personnalité caractérisé par une tendance générale à l'indifférence vis-à-vis des normes sociales ainsi que des émotions et droits d'autrui.), ce qui la rend finalement aussi abjecte que les individus qu'elle prétend combattre. Elle se dépouille de son humanité pour arriver à ses fins, avec de vagues états d'âme passagers, et ce depuis le début du roman. Il n'y aurait eu que cette sociopathie et un nombrilisme parfaitement assumés, elle aurait été une héroïne atypique absolument géniale.

Malheureusement, je n'ai pas réussi à m'y attacher. Je pense que ce qui m'a réellement dérangée, c'est son aptitude à se sortir d'absolument toutes les situations, même les plus improbables. Il n'y a aucun suspens, on ne tremble pas pour elle. On sait que dès qu'elle est dans un mauvais pas, elle va s'en sortir haut la main, et même à son avantage, pliant à sa volonté les faibles comme les puissants. Toute l'action se déroule du 31 août au 1er novembre de la même année, ce qui rend la fulgurance de son ascension presque grotesque.

J'aurais pu avoir un énorme coup de cœur mais ces constantes facilités sont vite devenues lassantes, tellement elles étaient prévisibles. Elle n'est pas « badass », elle est toute puissante pour l'histoire. Les suites seront sans moi.

 

Retour à l'accueil